Le fils prodigue

Luc 15, 11-32

Père Jaques nous explique:

Formulée en deux tableaux complémentaires, la leçon qui se dégage de la parabole du Fils prodigue est double.


1.
Nous y trouvons d'abord une révélation de l'incommensurable tendresse de Dieu pour les pécheurs, tendresse qui a été manifestée aux hommes par Jésus:
dans la sollicitude dont il a entouré les pécheurs au cours de son ministère terrestre, davantage encore dans le sacrifice de sa propre vie accepté pour leur Rédemption.

La découverte d'un tel amour ne peut pas ne pas nous remplir de la plus entière confiance à l'égard de celui qui nous aime. Nous sommes pécheurs, nous ne le savons que trop pour peu que nous nous connaissions nous-mêmes; nous ne pourrons plus oublier désormais que cette condition misérable ne nous soustrait pas à l'amour de Dieu, qu'elle semble plutôt redoubler sa sollicitude. Confiance donc pour nous-mêmes, mais aussi pour ceux qui nous entourent.

Nous vivons au milieu d'hommes pécheurs. En voyant nos frères en difficulté ou égarés, nous devons nous souvenir qu'ils restent aimés de Dieu, et que cet amour est puissant pour sauver.

 


2. Il n'est pas possible de découvrir vraiment cet amour de Dieu sans se rendre compte de l'exigence qu'il entraîne pour nous.

Le fils aîné de la parabole, qui n'a pas compris l'amour de son père, ne comprend pas non plus l'appel qui en résulte: il ne sera réellement le fils de son père qu'en partageant son amour, en aimant son frère.

La mise en garde que la parabole adresse aux Pharisiens n'est pas sans objet pour les chrétiens. Elle leur rappelle qu'on ne saurait servir Dieu comme il veut être servi sans l'aimer et sans communier à l'amour qu'il porte à nos frères, même si ceux-ci sont pécheurs, surtout s'ils sont pécheurs. La conduite de Jésus est à l'opposé de l'orgueilleuse sécheresse de cœur du Pharisien retranché dans la fallacieuse sécurité que lui donne sa scrupuleuse observance des commandements.

Comment pourrait-on se dire disciple de Jésus si l'on se détourne avec mépris de ceux qui se trouvent dans la pire des détresses, celle du péché? L'amour de Dieu nous appelle à l'amour de nos frères: " Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons nous aimer les uns les autres " (1 Jn 4,11).

Père Jacques DUPONT, Exégète
Moine du Monastère de Clerlande